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Assurance Catastrophe Naturelle

Le guide complet · 20 min de lecture

Assurance catastrophe naturelle : comment choisir son contrat

Arrêté, franchise, relogement, expertise, biens couverts : ce que la loi fixe, ce que le contrat décide, et comment comparer avant de signer.

On ne souscrit pas une assurance catastrophe naturelle comme on choisit une complémentaire santé. La garantie n’existe pas seule : elle est glissée d’office dans votre contrat habitation, votre contrat auto ou celui de votre local professionnel, et l’essentiel de son fonctionnement est écrit dans le Code des assurances. Même déclenchement, même franchise, même taux de prime, mêmes délais légaux chez tous les assureurs.

Faut-il en conclure que tous les contrats se valent ? Non. Deux voisins touchés par la même crue peuvent vivre deux années très différentes : l’un relogé plusieurs mois et indemnisé en valeur à neuf, l’autre qui découvre que sa clôture, son abri de jardin et le contenu de sa cave n’étaient pas assurés. La différence ne tient pas à la garantie catastrophes naturelles elle-même, mais à tout ce que le contrat dit autour.

Ce guide sépare ce que la loi impose, inutile à comparer, de ce que chaque contrat décide librement. Il décrit ensuite la marche à suivre après un sinistre, car un bon contrat mal utilisé ne protège pas mieux qu’un contrat médiocre.

À retenir

  • La garantie catastrophes naturelles est incluse d’office dans tout contrat qui assure des biens en dommages ; elle ne joue qu’après un arrêté interministériel publié au Journal officiel.
  • La franchise (380 € pour un logement, 1 520 € en cas de sécheresse), le taux de la surprime et les délais d’indemnisation sont fixés par les textes : ils ne se comparent pas.
  • Ce qui se compare : les biens réellement couverts, le relogement au-delà du minimum légal, le mode d’indemnisation, l’expertise et la contre-expertise, l’assistance.
  • Après la publication de l’arrêté, vous avez 30 jours pour déclarer le sinistre au titre de la garantie ; déclarer plus tôt, au titre des autres garanties, reste prudent.

Une garantie incluse d'office, pas un contrat à part

La garantie catastrophes naturelles est une extension obligatoire des contrats de dommages. Selon l’article L125-1 du Code des assurances, tout contrat qui garantit les dommages d’incendie ou d’autres dommages à des biens situés en France, ainsi que les dommages aux corps de véhicules terrestres à moteur, ouvre droit à cette garantie. Si vous êtes couvert contre les pertes d’exploitation, elle s’étend à ces pertes, dans les conditions du contrat.

Il n’existe donc pas d’« assurance catastrophe naturelle » à souscrire séparément : choisir sa couverture revient à choisir le contrat principal qui la porte (multirisque habitation, auto avec garanties dommages, multirisque professionnelle).

La loi vise les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles de prévention n’ont pu les empêcher : inondation, coulée de boue, sécheresse, séisme, mouvement de terrain, avalanche, submersion marine. Les termes techniques sont définis dans le lexique de la catastrophe naturelle.

Trois conséquences pratiques :

  • une voiture assurée au tiers seul n’a pas de garantie catastrophes naturelles, puisque le contrat ne couvre pas les dommages au véhicule ; France Assureurs cite les véhicules couverts en responsabilité civile seule parmi les biens exclus ;
  • les biens que le contrat habitation exclut ou ne mentionne pas (certaines clôtures, les jardins, les terrains) restent sans couverture, arrêté ou pas ;
  • les pertes d’exploitation d’un professionnel ne sont indemnisées que si la garantie correspondante a été souscrite.

L'arrêté interministériel : sans lui, la garantie ne joue pas

Un dommage, même spectaculaire, ne devient un sinistre « cat nat » qu’après la publication d’un arrêté interministériel au Journal officiel. Cet arrêté, précise l’article L125-1, détermine les zones, les périodes et la nature des dommages couverts. La décision doit être motivée de façon claire et détaillée pour chaque commune, et mentionner les voies et délais de recours.

La procédure est encadrée :

  • c’est la commune, et non l’assuré, qui dépose la demande de reconnaissance auprès de la préfecture ;
  • la demande doit intervenir dans les 24 mois qui suivent le début de l’événement ; pour la sécheresse, ce délai court à partir du dernier épisode de sécheresse visé par la demande ;
  • l’arrêté doit en principe être publié dans les deux mois qui suivent le dépôt des demandes en préfecture ;
  • une commission interministérielle examine les dossiers avant la décision, comme le rappelle la fiche service-public.gouv.fr sur l’indemnisation des catastrophes naturelles.

Pour vous, l’arrêté a trois effets : le dommage doit être survenu dans la commune et pendant la période visées ; rien n’est versé au titre de cette garantie avant sa publication ; sa publication fait courir le délai de déclaration de 30 jours.

D’où un réflexe utile : déclarer le sinistre dès sa survenance au titre des autres garanties du contrat (dégât des eaux, tempête). L’article L113-2 du Code des assurances impose de déclarer tout sinistre dans le délai du contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. Cette déclaration date le dossier et déclenche l’assistance ; il basculera ensuite dans la garantie catastrophes naturelles. Signalez aussi vos dégâts à la mairie, qui constitue la demande.

Ce que la loi fixe et qu'il est inutile de comparer

Une partie de la garantie est identique d’un contrat à l’autre. La connaître évite de prendre pour un avantage ce qui n’est qu’un rappel de la loi.

La franchise légale

Le montant de la franchise est fixé par arrêté, dans le Code des assurances. Pour les biens à usage d’habitation et les autres biens non professionnels, l’article A125-6 la fixe à 380 € par événement, et à 1 520 € pour les dommages dus au retrait-gonflement des sols argileux (sécheresse). Le même article prévoit un cas particulier : si le contrat comporte une franchise non nulle pour la garantie tempête, elle peut s’appliquer à la place lorsqu’elle ne dépasse pas 380 €.

Pour les biens professionnels, l’article A125-6-2 fixe la franchise à 10 % du montant des dommages matériels directs, avec un minimum de 1 140 €, porté à 3 050 € pour la sécheresse.

Cette franchise ne se rachète pas : l’article D125-5 interdit de s’assurer pour la part de risque laissée à sa charge. Elle n’est plus non plus majorée pour un particulier dont la commune n’a pas de plan de prévention des risques ; seules certaines collectivités restent concernées, selon l’article L125-2. Un ancien contrat qui mentionne encore cette majoration est en retard sur les textes.

En principe, chaque événement reconnu fait courir sa propre franchise. L’article 33 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a toutefois ajouté à l’article L125-2 que les franchises ne s’appliquent qu’une seule fois en cas de succession d’aléas naturels sur une période courte, selon des modalités définies par décret. Au 27 septembre 2026, ce décret n’est pas paru : la durée de cette « période courte » n’est pas encore fixée.

Pour qui relit d’anciennes conditions générales : les clauses types de l’annexe de l’article A125-1 sont abrogées depuis le 1er janvier 2024 ; les références actuelles sont l’article D125-5 et les articles A125-6 à A125-6-5.

La surprime

La garantie est financée par une prime additionnelle, individualisée sur votre avis d’échéance et calculée à partir d’un taux unique fixé par arrêté pour chaque catégorie de contrat (article L125-2). L’arrêté du 22 décembre 2023 a relevé ces taux pour les contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er janvier 2025 : de 12 % à 20 % de la prime pour les contrats de dommages aux biens, et de 6 % à 9 % pour la catégorie des véhicules.

Le taux étant le même partout, la part « cat nat » ne varie qu’avec la prime principale sur laquelle elle s’applique.

Les délais imposés à l’assureur

L’article L125-2 fixe un calendrier précis :

  • un mois, à compter de la réception de la déclaration ou de la publication de l’arrêté si elle est postérieure, pour informer l’assuré des modalités de mise en jeu des garanties et ordonner une expertise si nécessaire ;
  • un mois pour faire une proposition d’indemnisation ou de réparation en nature, à compter de la réception de l’état estimatif (sans expertise) ou du rapport d’expertise définitif ;
  • après votre accord, 21 jours pour verser l’indemnité, ou un mois pour missionner l’entreprise de réparation ; au-delà, l’indemnité porte intérêt au taux légal, sauf cas fortuit ou force majeure ;
  • en tout état de cause, une provision dans les deux mois qui suivent la remise de l’état estimatif, ou la publication de l’arrêté si elle est postérieure.

Ces délais s’appliquent sans préjudice de stipulations contractuelles plus favorables : un contrat peut faire mieux, jamais moins bien.

La solidarité du régime et le droit d’être assuré

Le régime repose sur un partenariat entre assureurs et État : la Caisse centrale de réassurance fournit aux assureurs une réassurance illimitée avec la garantie de l’État. C’est ce qui permet une prime et une franchise identiques partout, y compris dans les communes très exposées.

Si un assureur refuse malgré tout de couvrir votre bien contre ce risque, le Bureau central de tarification peut être saisi par toute personne physique ou morale. Il faut avoir sollicité par lettre recommandée l’assureur de votre choix, puis saisir le BCT dans les 15 jours qui suivent son refus explicite ou l’expiration d’un silence de 15 jours. Le refus doit porter sur le risque de catastrophe naturelle lui-même. Depuis la loi du 26 mai 2026, l’article L125-6 impose que le refus de l’assureur mentionne la possibilité de saisir le BCT et ses modalités de saisine, et que le BCT statue dans un délai de trois mois.

Ce que le contrat décide : la grille de comparaison

Tout le reste relève du contrat. La garantie catastrophes naturelles s’applique aux biens que le contrat assure, selon ses règles d’indemnisation et avec les services qu’il prévoit. C’est là que se jouent les écarts entre offres, et c’est ce que le comparatif des garanties de dix assureurs du site examine, sur six critères lus dans les conditions générales.

Le tableau ci-dessous résume la répartition entre la loi et le contrat, et indique où chercher chaque information.

PointFixé par la loiLaissé au contratOù le lire
DéclenchementArrêté interministériel publié au Journal officielRienJournal officiel, mairie
Franchise380 € (habitation), 1 520 € (sécheresse), 10 % avec minimum (professionnels)Rien, sauf alignement possible sur la franchise tempête si elle est inférieureArticle « catastrophes naturelles » des conditions générales
SurprimeTaux unique par catégorie de contratRienAvis d’échéance
Délais d’indemnisationProvision sous deux mois, proposition et paiement encadrésDélais plus courts possiblesConditions générales, rubrique sinistres
RelogementFrais d’urgence pour la résidence principale inhabitable, pendant six moisPlafonds, avance des frais, prise en charge au-delàGaranties « frais et pertes » ou « relogement »
Biens couvertsLes biens mentionnés au contrat, sans exception possibleClôtures, piscines, dépendances, caves, jardins : inclus, plafonnés ou exclusDéfinitions et exclusions
IndemnisationDans la limite de la valeur du bienValeur à neuf ou vétusté déduite, plafonds par catégorieRègles d’indemnisation
ExpertiseRapport définitif communiqué ; contre-expertise possiblePrise en charge des frais d’expert d’assuré, études de solConditions d’expertise
AssistanceRienPompage, nettoyage, gardiennage, hébergement le premier soirConditions d’assistance

L’article L125-2 interdit à la garantie d’excepter l’un des biens mentionnés au contrat. Mais l’assureur reste libre de définir ce que le contrat assure. La lecture des définitions (bâtiment, dépendances, aménagements extérieurs) compte donc davantage que l’article consacré aux catastrophes naturelles, qui renvoie souvent à la loi.

Les biens extérieurs, l’indemnisation, l’assistance

Clôtures, murets, terrasses, piscines, abris de jardin, contenu des caves et garages sont les postes les plus souvent plafonnés ou exclus : c’est la première ligne à vérifier si votre maison est en zone inondable ou sur un sol argileux.

Un contrat en valeur à neuf rembourse le coût de remplacement, souvent en deux temps (indemnité vétusté déduite, puis complément sur factures) ; un contrat en valeur d’usage déduit la vétusté définitivement. Pour une toiture ancienne, l’écart peut être important.

Pompage, nettoyage, gardiennage, hébergement le premier soir : rien de cela n’est imposé par la loi. Regardez si l’assistance intervient dès l’alerte ou seulement après l’arrêté.

Le relogement : le minimum légal et ce qui s’y ajoute

Depuis la réforme du régime, les frais de relogement d’urgence font partie de la garantie. L’article L125-1 les inclut lorsque la résidence principale est rendue impropre à l’habitation pour des raisons de sécurité, de salubrité ou d’hygiène résultant des dommages.

Les modalités figurent aux articles D125-4 à D125-4-4 du Code des assurances, en vigueur depuis le 1er novembre 2023 :

  • la prise en charge dure six mois à compter du premier jour du relogement ;
  • le contrat peut prévoir que les frais soient pris en charge sans avance de l’assuré pendant au moins cinq jours à compter de la déclaration, selon un forfait journalier fixé par arrêté ;
  • l’assuré ne peut pas cumuler, pour les mêmes frais, l’indemnité d’assurance et une aide financière de l’État.

Le contrat décide du reste : avance des frais dès le premier soir, plafonds, prise en charge au-delà de six mois, résidence secondaire (que le minimum légal ne vise pas), garde-meubles et déménagement. Gardez toutes les factures d’hébergement.

Sécheresse, expertise et fissures : le critère le plus discriminant

C’est le péril où les pratiques divergent le plus. Les fissures du retrait-gonflement des argiles apparaissent souvent des mois après l’été, et l’expertise doit établir que la sécheresse est la cause déterminante des dommages, et non un défaut de fondation.

La loi encadre désormais plusieurs points, tous à l’article L125-2 :

  • la garantie est limitée aux dommages susceptibles d’affecter la solidité du bâti ou d’entraver l’usage normal du bâtiment : les microfissures esthétiques n’en relèvent pas ;
  • dans la limite de la valeur du bien, l’indemnité couvre les travaux permettant l’arrêt des désordres lorsque l’expertise constate une atteinte à la solidité du bâtiment ou un bien impropre à sa destination ;
  • l’assureur communique un compte rendu des constatations après chaque visite d’expertise, en plus du rapport définitif ;
  • l’indemnité doit être utilisée pour réparer les dommages ;
  • la franchise est de 1 520 € pour un particulier.

Ce que le contrat peut ajouter : la prise en charge des études de sol ou de structure, et celle des honoraires d’un expert choisi par l’assuré en cas de contre-expertise. Si votre maison est bâtie sur un terrain argileux, posez ces questions avant de signer, pas après l’été.

Maison, appartement, véhicule, local professionnel : un même régime, plusieurs situations

La maison individuelle

Un seul contrat couvre en général le bâtiment et le contenu. La lecture porte sur les biens extérieurs, les dépendances, le relogement, l’indemnisation en valeur à neuf et l’expertise sécheresse.

L’appartement et la copropriété

Deux contrats se partagent le sinistre. Le contrat de la copropriété, souscrit par le syndic, couvre l’immeuble et les parties communes ; celui du copropriétaire ou du locataire couvre le logement, ses embellissements et son contenu. L’ANIL rappelle cette répartition : le locataire déclare les dégâts à son mobilier et à ses aménagements intérieurs auprès de son assureur, le propriétaire ce qui relève du clos et du couvert, le syndic ce qui touche les parties communes. Chaque contrat applique sa propre franchise légale, et chaque déclaration doit respecter le délai de 30 jours.

Pour un locataire, le choix du contrat habitation porte donc surtout sur le contenu, le relogement et l’assistance.

Le véhicule

La garantie existe dès que le contrat auto comporte une garantie dommages au véhicule. Elle suit alors les règles de ce contrat : valeur à dire d’expert, éventuelle option valeur à neuf, avec la franchise légale de 380 €. Au tiers seul, un véhicule noyé n’est pas indemnisé. Si vous stationnez dans une zone exposée aux crues, c’est un argument pour conserver une garantie dommages.

Le local professionnel

La franchise devient un pourcentage des dommages avec un minimum (voir plus haut). Les pertes d’exploitation ne sont couvertes que si la garantie a été souscrite ; France Assureurs indique que la franchise légale applicable à ces pertes est de trois jours d’activité, avec un minimum de 1 140 €, sauf franchise contractuelle plus élevée. Pour un commerce ou un atelier, la durée d’indemnisation des pertes d’exploitation et la couverture du stock sont les deux lignes à lire en priorité.

Tempête ou catastrophe naturelle : deux garanties à ne pas confondre

La confusion est fréquente, et elle a des conséquences sur la franchise et les délais. Le vent relève d’une garantie distincte : l’article L122-7 du Code des assurances impose aux contrats de dommages de couvrir les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. Cette garantie ne demande pas d’arrêté, et ses franchises, plafonds et vétusté sont fixés par le contrat.

Il existe une exception : les effets du vent dû à un événement cyclonique dont les vents maximaux de surface ont atteint ou dépassé 145 km/h en moyenne sur dix minutes, ou 215 km/h en rafales, relèvent du régime des catastrophes naturelles. Elle concerne surtout l’outre-mer.

Un même épisode peut donc ouvrir deux dossiers : le toit arraché par le vent au titre de la garantie tempête, le rez-de-chaussée inondé par la crue qui suit au titre de la garantie catastrophes naturelles. L’ANIL rappelle les délais : cinq jours ouvrés après la constatation des dégâts pour la tempête, 30 jours après la publication de l’arrêté pour la catastrophe naturelle.

Au moment de choisir, regardez donc aussi la garantie tempête, grêle et neige : sa franchise, ses plafonds et ses exclusions (stores, volets, vérandas, arbres) jouent sur le même sinistre.

Après le sinistre : la marche à suivre, étape par étape

Un bon contrat ne sert à rien si le dossier est mal constitué. Voici l’ordre des démarches.

Les premiers jours

La sécurité d’abord : coupez l’électricité et le gaz si l’eau est entrée, ne descendez pas dans une cave inondée, prévenez les secours et la mairie. Photographiez et filmez tout avant de nettoyer (hauteur d’eau, meubles, appareils, véhicules, extérieurs) et ne jetez rien avant l’expert, sauf danger sanitaire. Si le logement est inhabitable, appelez l’assistance sans attendre.

Déclarez ensuite le sinistre au titre des garanties qui peuvent déjà jouer, dans le délai du contrat, en précisant que la commune a demandé ou va demander la reconnaissance.

L’état estimatif

C’est la liste chiffrée de vos pertes : le bâtiment poste par poste, le contenu pièce par pièce, avec valeurs d’achat ou estimations. Il doit exister tôt, car le délai de deux mois de la provision court à partir de sa remise. Envoyez-le par écrit, puis complétez-le au fil des découvertes, devis à l’appui.

Les 30 jours après l’arrêté

Dès la publication de l’arrêté, confirmez par écrit votre déclaration au titre de la garantie, avec sa référence, la date et la description des dommages. L’article L125-2 fixe la limite à 30 jours après la publication.

L’expertise, l’indemnité, le médiateur

Soyez présent lors du passage de l’expert pour montrer ce qui ne se voit plus et remettre photos et factures. Demandez le rapport définitif, que l’assureur doit vous communiquer ; en cas de désaccord, vous pouvez recourir à une contre-expertise et vous faire assister par un expert de votre choix, dans les conditions du contrat.

L’indemnité, franchise déduite, suit les règles du contrat. Une proposition insuffisante se conteste par écrit, devis à l’appui. Si le désaccord persiste, adressez une réclamation écrite à l’assureur : selon la Médiation de l’assurance, vous pouvez ensuite la saisir si la réponse ne vous satisfait pas ou après deux mois sans réponse. La procédure est gratuite, suspend la prescription et doit être engagée dans l’année qui suit la réclamation.

La checklist avant de signer ou de renouveler

Avant de souscrire, de changer de contrat ou à l’échéance, relisez ces points dans les conditions générales et particulières :

  • Le contrat assure-t-il bien tous vos biens en dommages : bâtiment, contenu, dépendances, véhicule avec garantie dommages ?
  • Les clôtures, terrasses, piscines, abris de jardin, caves et garages sont-ils inclus, plafonnés ou exclus ?
  • L’indemnisation est-elle en valeur à neuf ou vétusté déduite, et avec quels plafonds par catégorie ?
  • Le relogement est-il avancé dès le premier soir par l’assistance ? Avec quel plafond ? Au-delà de six mois ? Pour une résidence secondaire ?
  • Les honoraires d’un expert d’assuré et les études de sol sont-ils pris en charge, et dans quelle limite ?
  • L’assistance intervient-elle dès l’alerte (pompage, nettoyage, gardiennage) ou seulement après l’arrêté ?
  • Le contrat prévoit-il des délais d’indemnisation plus courts que ceux de la loi ?
  • Pour un professionnel : la garantie pertes d’exploitation est-elle souscrite, avec quelle durée d’indemnisation ?
  • La garantie tempête, grêle et neige : quelle franchise, quelles exclusions ?
  • Le contrat mentionne-t-il encore une franchise majorée faute de plan de prévention des risques ? Si oui, elle ne s’applique plus aux particuliers.

Pour les questions d’usage les plus courantes, consultez les questions fréquentes sur la garantie catastrophes naturelles. Pour un point de contrat qui reste obscur, vous pouvez écrire à la rédaction, qui répond sans devis ni démarchage.

Questions fréquentes

Peut-on racheter la franchise catastrophes naturelles ?

Non. L’article D125-5 du Code des assurances interdit à l’assuré de s’assurer pour la part de risque laissée à sa charge par la franchise. Aucune option de rachat ne peut donc la supprimer. Seul cas particulier : si la franchise tempête de votre contrat est inférieure à 380 € et non nulle, elle peut s’appliquer à la place.

Ma maison est endommagée, mais aucun arrêté n’a été publié : que faire ?

Déclarez le sinistre sans attendre au titre des autres garanties du contrat, dans le délai prévu (au moins cinq jours ouvrés), et conservez toutes les preuves. Signalez vos dégâts en mairie pour appuyer la demande de reconnaissance, que la commune doit déposer dans les 24 mois. Si l’arrêté est publié, confirmez votre déclaration dans les 30 jours.

Le relogement est-il couvert pour une résidence secondaire ?

Pas au titre du minimum légal : les frais de relogement d’urgence prévus par l’article L125-1 concernent la résidence principale rendue inhabitable. Certains contrats prévoient toutefois une garantie « frais de relogement » plus large. Vérifiez-le dans les conditions générales.

Combien de temps l’assureur a-t-il pour payer ?

Une provision est due dans les deux mois suivant la remise de l’état estimatif ou la publication de l’arrêté si elle est postérieure. L’assureur fait sa proposition dans le mois qui suit l’état estimatif ou le rapport d’expertise définitif, puis verse l’indemnité dans les 21 jours suivant votre accord. Ces délais figurent à l’article L125-2 du Code des assurances.

La hausse de la surprime change-t-elle quelque chose au choix du contrat ?

Non. Le taux de la prime additionnelle est unique pour chaque catégorie de contrat : depuis le 1er janvier 2025, 20 % pour les contrats de dommages aux biens et 9 % pour la catégorie des véhicules. Il s’applique de la même façon chez tous les assureurs. Le choix se fait sur les garanties qui entourent la catastrophe naturelle.

Conclusion

Choisir son assurance catastrophe naturelle, c’est d’abord accepter que l’essentiel ne se négocie pas : l’arrêté, la franchise, la surprime et les délais sont les mêmes pour tous. L’effort de comparaison doit porter ailleurs, sur les lignes que la loi laisse libres et que personne ne lit avant l’inondation.

  • Vérifiez que tous vos biens sont assurés en dommages, extérieurs compris.
  • Comparez le relogement, le mode d’indemnisation, l’expertise et l’assistance.
  • Après un sinistre, déclarez tôt, remettez vite un état estimatif, et respectez les 30 jours qui suivent l’arrêté.

Le comparatif des garanties catastrophes naturelles met ces critères côte à côte pour dix assureurs, sans tarif ni commission ; la page de présentation du site détaille sa méthode. Les évolutions du régime sont suivies dans les actualités de la catastrophe naturelle. Dans tous les cas, deux documents gardent le dernier mot : l’arrêté qui concerne votre commune et les conditions particulières de votre contrat.

Ce guide est publié à titre informatif. Il ne remplace pas les conditions générales et particulières de votre contrat, qui seules déterminent l’étendue de vos garanties.

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Votre commune vient d’être reconnue en catastrophe naturelle ?

Trente jours pour déclarer, une franchise fixée par la loi, une provision due dans les deux mois : les guides disent quoi faire, dans quel ordre. Pour une question précise, écrivez à la rédaction depuis la page Contact.